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La correspondance

Prison civile de Casablanca · 17 février 1977

À ses parents

Très cher père, maman chérie,

Que vous dire en ces circonstances que je dirais un peu difficiles. Mon courage, c'est toujours vous qui me l'avez inspiré. Vous avez été l'exemple de ma vie en amour pour les autres, en sacrifices pour nous, tous les gens que vous avez connus.

L'espoir était toujours dessiné sur vos visages que j'aime tant. Oui quand je parle de vous, n'êtes pas seulement mes parents, qui ont tout donné pour moi, vous êtes mes amis, vous êtes mes frères, vous avez réuni toutes sortes de qualités que je possède moi-même grâce à vous. C'est pour cela et parce que vous n'avez jamais été des parents durs que je vous admire et que mon amour pour vous ne fait que grandir. Votre confiance en moi, en ma capacité de raisonner et de choisir a été grande, depuis que j'étais déjà petite, n'est-ce pas ? Aucun moment de mon enfance heureuse avec mes frères et sœurs chéris ne disparaît de ma mémoire. Je vous revoies constamment tous les deux, unis par l'amour et la vie, veillant sur nous nuit et jour, faisant pour nous tout ce que vous avez pu faire et plus encore.

C'est ainsi que je pense à vous, pleins de courage pour affronter les difficultés et pleins de confiance en l'avenir. Quel que soit mes parents chéris le temps que je passerai loin de vous, je vous demande de ne pas souffrir pour moi, car moi, ma vie, comme je vous l'avais dit dans une lettre précédente, ma vie continue et continuera. Rien ne me fait peur et vous savoir en bonne santé, courageux, plein d'amour pour moi constitue toute ma joie ici. Alors, mes très cher père, j'ai compté sur toi, et je n'ai jamais été déçue, encore une fois, je te demande de prendre soin de maman et elle de toi. Soyez unis toujours. Hourya, Fadoua, Karim, Dounia avec ses enfants aussi et pensez à moi sans jamais souffrir. Je vous aime.

Votre fille dévouée, Saïda.

Saïda Menebhi

Poèmes - Ecrits - Lettres de Prison

Éditions Feed-back, Rabat, 2000