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Sans titre

11 mars
1977

Le poème nomme Pinochet et se termine sur « Je mourrai Marxiste-Léniniste. »

Fascistes, fascistes

Mille fois fascistes

Un million de fois

Je voudrais le répéter

que je ne serais rassasiée

Je suis un volcan en activité

et mes laves

sur tous les fascistes et Pinochet

Je veux les cracher

fascistes et peureux

si vous croyez nous avoir

c'est plus de force que nous avons

quand vous nous réprimez

La porte en bois est insuffisante

Mettez donc un mur

c'est tout à fait admissible

étant donné votre nature

mais la honte sera sur vos fronts

demain lorsque nous vaincrons

les mots m'échappent

comme un feu

et me brûlent les lèvres

criez, n'acceptez plus

vous qui êtes là

derrière la porte en bois

Nous, nous continuerons

à combattre, à refuser

Jusqu'à l'abattoir et nos têtes

sous la lame

Et jamais, jamais

dans nos yeux ils ne verront la crainte

jamais la maladie du silence

ne nous atteindra

vous mes sœurs

troupeaux de bêtes

c'est cela que vous leur semblez

c'est ainsi qu'ils vous considèrent

et moi, les mains liées

la gorge nouée, la nausée me prend

de tous les fascistes et leurs pions

oh vous qui ne me comprenez pas

je me sens fatiguée

les épaules courbées

par trop de souffrance

de privations et de répression

mais nos pensées et l'envie de lutter

ni les années de prison

ni leurs portes en bois

et leurs grilles

ne me les enlèveront

Je mourrai Marxiste-Léniniste.

Source · Poèmes - Ecrits - Lettres de Prison

2ᵉ édition, Éditions Feed-back, Rabat, 2000 · ISBN 9981-48-001-0

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